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Gatsibo : L’eau, moteur du développement de l’élevage grâce au RDDP II

Dans le district de Gatsibo, où les périodes de sécheresse constituent depuis longtemps un frein au développement de l’élevage, les habitants saluent aujourd’hui les réalisations du Projet de Développement de la Filière Laitière au Rwanda – Phase II (RDDP II), dont les investissements dans les infrastructures hydrauliques sont en train de transformer durablement les conditions de vie des éleveurs et des communautés locales.

Pendant de nombreuses années, le manque d’eau a été l’un des principaux défis auxquels faisaient face les éleveurs de cette région de l’Est du Rwanda. Durant les saisons sèches, les troupeaux parcouraient de longues distances à la recherche de points d’eau, ce qui affectait leur santé, réduisait leur production laitière et augmentait les coûts de production pour les éleveurs.

Au-delà des conséquences sur le bétail, cette pénurie d’eau exposait également les populations à de nombreux risques. Les habitants étaient souvent contraints de se rendre dans des barrages collinaires (Valley Dams) vieillissants et insuffisamment sécurisés pour s’approvisionner en eau, avec parfois des conséquences tragiques.

Pour Muyambe Peter, éleveur du secteur de Rwimbogo, les investissements du RDDP II dans la construction et la réhabilitation des Valley Dams marquent un tournant décisif pour les éleveurs de la région.

Il explique :« Pendant les périodes de sécheresse, nos vaches manquaient d’eau et la production de lait chutait considérablement. Il arrivait qu’une vache ne produise qu’un litre de lait par jour. Le manque d’eau affectait leur santé et leur alimentation. Aujourd’hui, grâce aux Valley Dams qui sont en cours de construction et d’extension, nous sommes convaincus que cette situation appartiendra bientôt au passé »

Il ajoute : « Avec un accès régulier à l’eau, nos vaches produiront davantage et nous espérons atteindre jusqu’à 20 litres de lait par vache et par jour ».

Selon lui, l’eau constitue la base même du développement de l’élevage, car elle permet non seulement d’améliorer la santé des animaux, mais aussi d’augmenter leur productivité et de réduire les risques de maladies.

Muhire Egide, un habitant de la région, souligne quant à lui que les bénéfices du projet vont bien au-delà du seul secteur de l’élevage.

Il affirme :« Ces infrastructures contribuent également à sauver des vies. Par le passé, plusieurs habitants perdaient la vie en cherchant de l’eau dans des barrages vétustes. Rien qu’au Valley Dam de Rwimbogo, environ sept personnes se sont noyées au fil des années, sans compter les animaux et les bergers qui y ont également trouvé la mort. Le fait que le RDDP II modernise et agrandisse ces ouvrages représente une avancée majeure pour la sécurité des populations ».

Les habitants estiment que la disponibilité d’eau en quantité suffisante permettra non seulement de soutenir la production animale, mais aussi de réduire les longs déplacements effectués pour s’approvisionner en eau et les accidents qui en découlaient.

Le Vice-maire du District de Gatsibo chargé du Développement économique, Jean Leonard Sekanyange, indique que le RDDP II apporte des réponses concrètes à plusieurs défis qui freinaient le développement de l’élevage dans le district.

Il souligne :« Le projet a permis à nos éleveurs d’accéder à des vaches laitières améliorées, de développer la culture du fourrage et surtout de progresser dans la résolution du problème de l’eau. Dans une région régulièrement touchée par la sécheresse, l’accès à l’eau constitue un facteur essentiel pour le développement durable de l’élevage »

Le RDDP II est attendu pour garantir un meilleur accès à l’eau aux éleveurs

Il ajoute que les investissements réalisés auront un impact direct sur la productivité des exploitations agricoles ainsi que sur les conditions de vie des populations.

« Lorsque les animaux disposent d’eau en quantité suffisante, leur productivité augmente et les revenus des éleveurs s’améliorent. Mais l’impact est encore plus large : les infrastructures mises en place réduisent également les risques d’accidents auxquels étaient exposés les habitants qui fréquentaient les anciens barrages. »

Selon les autorités locales, près de 150 vaches laitières ont déjà été distribuées aux éleveurs du district grâce au projet. Les bénéficiaires sont appelés à transmettre les veaux à d’autres ménages conformément au programme national de partage du bétail.

Le RDDP II investit également dans le renforcement des capacités des producteurs. Cinquante-six facilitateurs communautaires en élevage ont été formés afin d’accompagner techniquement les éleveurs, tandis qu’environ 3 000 producteurs de lait regroupés dans 143 organisations ont bénéficié de formations sur les techniques modernes d’élevage laitier.

Les résultats commencent déjà à se faire sentir. Selon le District de Gatsibo, la production laitière est passée d’environ 45 000 litres par jour il y a deux ans à près de 60 000 litres actuellement. Les autorités ambitionnent désormais d’atteindre 100 000 litres de lait par jour dans les prochaines années.

Mis en œuvre entre 2024 et 2030 avec un budget de 100,37 millions de dollars américains, soit plus de 127 milliards de francs rwandais, le RDDP II est financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) en partenariat avec le Gouvernement du Rwanda et exécuté par le Conseil rwandais pour le développement de l’agriculture et des ressources animales (RAB).

 

 

 

Le Vice-maire du District de Gatsibo chargé du Développement économique, Jean Leonard Sekanyange

Présent dans 27 districts du pays, le projet vise à améliorer durablement la productivité, la résilience et la rentabilité des petits producteurs laitiers grâce à des investissements dans les ressources en eau, l’alimentation animale, la santé du bétail, les services d’élevage et les infrastructures de commercialisation du lait.

À Gatsibo, les populations considèrent déjà l’eau comme l’un des principaux moteurs du développement de l’élevage. Grâce aux investissements du RDDP II, elles espèrent voir non seulement la production laitière augmenter, mais aussi leurs conditions de vie et leur sécurité s’améliorer durablement.