Rwanda : La compréhension de lecture en kinyarwanda reste un défi pour les élèves du primaire
Seuls 44 % des élèves de troisième année du primaire sont capables de comprendre correctement un texte lu en Kinyarwanda, selon une étude nationale du Ministère de l’Éducation. Si une majorité d’entre eux parvient à lire des mots et des phrases, la compréhension du contenu demeure un défi majeur pour le système éducatif rwandais.
Savoir lire ne signifie pas nécessairement comprendre ce qui est lu. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude Learning Achievement for Rwanda Schools, réalisée par le Ministère de l’Éducation (MINEDUC) pour évaluer les acquis scolaires et la qualité de l’enseignement au Rwanda.
Présentés le 15 juin 2026, les résultats montrent que seuls 44 % des élèves de troisième année du primaire atteignent le niveau attendu en compréhension de lecture en kinyarwanda.
L’étude a porté sur 22 950 élèves issus de 592 écoles réparties dans l’ensemble des districts du pays. Elle a concerné les élèves de troisième et de sixième années du primaire ainsi que ceux de troisième année du secondaire.
Les évaluations ont porté sur le kinyarwanda, l’anglais, les mathématiques et les sciences, des matières considérées comme essentielles au développement des compétences fondamentales des apprenants.
Des élèves capables de lire, mais pas toujours de comprendre
Le Directeur Général de l’Office National des Examens et de l’Inspection Scolaire (NESA), le Dr Bernard Bahati, a expliqué que l’évaluation en kinyarwanda visait à mesurer à la fois les capacités de lecture et de compréhension des élèves.
Il a indiqué « La première étape consistait à évaluer la capacité de l’enfant à lire des noms d’objets et de matériels qui lui sont familiers. Une deuxième étape portait sur la lecture de ces mots intégrés dans des phrases. Enfin, la troisième consistait à lire un texte puis à répondre à des questions permettant de vérifier sa compréhension »
Les résultats montrent que 49 % des élèves ont réussi à lire correctement 35 mots en une minute, tandis que 71 % ont atteint le niveau requis dans la lecture de phrases.
Cependant, lorsqu’il s’agit de comprendre le contenu d’un texte, les performances chutent considérablement : seuls 44 % des élèves ont répondu correctement aux questions portant sur le texte qu’ils venaient de lire.
Pour le Dr Bahati, cette situation constitue un signal d’alerte.
« Nous faisons face à un problème important : les enfants savent lire, mais lorsqu’on leur demande d’expliquer ce qu’ils ont lu, seuls 44 % sont capables de répondre correctement et de démontrer qu’ils ont compris le texte. »
La compréhension de lecture au cœur des préoccupations du MINEDUC
Le Ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, estime que les résultats de cette étude permettront de mieux orienter les interventions destinées à améliorer la qualité de l’enseignement.
« Le principal défi réside dans la compréhension de lecture. Beaucoup d’enfants lisent correctement les mots, mais l’analyse montre qu’ils ne comprennent pas le contenu du texte. C’est une question sur laquelle nous devons concentrer nos efforts, car un élève qui ne comprend pas ce qu’il lit ne peut pas répondre correctement aux questions qui lui sont posées. »

Le Ministre a toutefois souligné que les réformes engagées dans le secteur de l’éducation continuent de produire des résultats positifs, même si des efforts supplémentaires restent nécessaires pour améliorer les compétences fondamentales des apprenants.
L’étude révèle également des différences de performance entre les filles et les garçons.
Pour la lecture de mots isolés, 53 % des filles atteignent le niveau requis contre 47 % des garçons. Dans la lecture de phrases, les filles enregistrent un taux de réussite de 74 %, contre 68 % chez les garçons.
La même tendance est observée en compréhension de texte, où 45 % des filles répondent correctement aux questions contre 42 % des garçons.
Les données du MINEDUC montrent également des disparités selon les régions du pays.
La Ville de Kigali et la Province du Sud enregistrent les proportions les plus élevées d’élèves rencontrant des difficultés en lecture du kinyarwanda. À l’inverse, la Province du Nord affiche de meilleurs résultats, même si elle compte encore un nombre important d’élèves éprouvant des difficultés à comprendre pleinement les textes qu’ils lisent.
Pour les responsables de l’éducation, ces résultats rappellent l’importance de renforcer les compétences de compréhension de lecture dès les premières années du primaire. Une maîtrise insuffisante de cette compétence peut avoir des répercussions sur l’apprentissage de toutes les autres matières et, à terme, sur la réussite scolaire des élèves

