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Musanze : 547 familles misent sur une nouvelle vie grâce à un village modèle

Quelque 547 familles appelées à quitter leurs terres dans le cadre de l’extension du Parc national des Volcans espèrent voir leurs conditions de vie et leurs perspectives économiques s’améliorer grâce à leur relogement dans un village modèle en construction dans le secteur de Kinigi, District de Musanze, dans le nord du Rwanda.

Construit sur une superficie de 50 hectares, le village devrait offrir aux familles relogées des logements modernes ainsi qu’un meilleur accès aux services essentiels, notamment à l’électricité, à l’eau, à l’éducation, aux soins de santé et aux infrastructures de loisirs.

Le projet, dont le coût annoncé dépasse 259 millions de dollars américains, s’inscrit dans une démarche visant à concilier la conservation de l’environnement avec l’amélioration des conditions de vie des communautés vivant autour du parc, alors que le Rwanda se prépare à accueillir la 21e édition de la cérémonie de Kwita Izina, prévue en septembre 2026.

Les 547 familles concernées font partie des ménages qui seront déplacés en deux phases afin de libérer des terres destinées à l’extension du Parc national des Volcans.

Pour les futurs habitants, ce déplacement représente surtout l’espoir d’un nouveau départ, après des années marquées par les difficultés liées à la proximité du parc et aux incursions de la faune sauvage.

Nzabonimpa Augustin, habitant du secteur de Kaguhu, considère son prochain relogement comme une importante opportunité pour sa famille.

Il témoigne « Construire ce village pour nous est une étape importante qui va changer nos vies. Nous avions souvent des problèmes parce que les animaux venaient dans nos habitations, détruisaient nos récoltes et pouvaient même nous attaquer ».

Il se réjouit particulièrement de pouvoir bénéficier d’un logement équipé de l’électricité et de l’eau, des services auxquels les habitants avaient, selon lui, difficilement accès.

Il explique « Nous allons vivre dans de belles maisons avec l’électricité et l’eau. Avant, nous devions partager certaines ressources avec les animaux et parcourir de longues distances pour accéder à l’eau. Cela va nous permettre de commencer une nouvelle vie, dans la paix et avec de meilleures perspectives économiques ».

Nzabonimpa estime également que le chantier et le développement du nouveau village pourraient ouvrir de nouvelles opportunités économiques et d’emploi aux populations locales.

Pour Mukamakuza Ester, le relogement représente également une occasion d’améliorer les activités agricoles et d’en tirer davantage de revenus.

« Nous allons pouvoir pratiquer une agriculture qui rapporte davantage, en utilisant de meilleures méthodes et en tirant des revenus de ce que nous produisons », affirme-t-elle.

Elle estime que le déplacement permettra aussi aux familles de se libérer de certaines contraintes liées à la protection des cultures contre les animaux sauvages.

Selon elle, les membres des familles se relayaient notamment pour surveiller les champs pendant la nuit.

Elle raconte « Nous n’aurons plus à faire des rondes pour protéger nos cultures comme nos maris le faisaient. Nous nous relayions avec eux : pendant qu’ils surveillaient les champs, nous allions cultiver ».

Au-delà du logement, les futurs résidents attendent beaucoup des infrastructures et services prévus dans le nouveau village.

Mukamakuza estime que l’accès à de meilleures conditions de cuisson, aux écoles, aux structures de santé et aux terrains de sport contribuera directement à améliorer la vie quotidienne des familles.

« Nous n’aurons plus à cuisiner avec du bois, qui produit beaucoup de fumée, puisque nous utiliserons le gaz. Les écoles, les structures de santé et les terrains de sport permettront également à nos enfants d’avoir de meilleurs espaces pour apprendre et jouer », souligne-t-elle.

La proximité des services de santé devrait également réduire les longues distances parcourues par les habitants pour recevoir des soins.

Elle ajoute « Avant, pour accoucher, nous devions nous rendre jusqu’aux hôpitaux de la ville de Musanze. Désormais, nous pourrons bénéficier des services de santé près de chez nous et nos enfants pourront également aller à l’école à proximité ».

Pour Mukamakuza, l’un des principaux avantages du projet sera toutefois de réduire les risques liés à la proximité immédiate de la faune sauvage.

Elle dit « Nous allons être soulagés de ne plus voir des buffles arriver dans nos maisons ou des hyènes s’attaquer à notre bétail et nous menacer ».

Le directeur général du Rwanda Development Board (RDB), Jean Guy Afrika, explique que la construction du village répond à une double ambition : renforcer la conservation de la nature et améliorer les conditions de vie des populations concernées par le déplacement.

Le relogement des familles accompagnera ainsi l’extension du Parc national des Volcans, tandis que les habitants bénéficieront d’un accompagnement dans leurs activités agricoles, notamment face aux effets du changement climatique.

« Nous construisons ce village dans le but de protéger l’environnement tout en continuant à améliorer les conditions de vie des populations », a déclaré Jean Guy Afrika.

Il insiste sur la nécessité de construire une relation durable entre les communautés et leur environnement.

« Nous voulons que les populations vivent en harmonie avec l’environnement et nous leur demandons de préserver les infrastructures et les avantages qui leur sont apportés grâce aux efforts de la gouvernance », a-t-il ajouté.

Selon Jean Guy Afrika, les communautés vivant autour du Parc national des Volcans bénéficient depuis 21 ans du mécanisme de partage des revenus issus du tourisme.

Il indique qu’environ 1 300 projets, représentant une valeur totale de 23 milliards de francs rwandais, ont été soutenus au cours de cette période.

Ces investissements ont notamment permis de financer des infrastructures dans les domaines de l’éducation, de l’accès à l’eau et de la santé.

Les districts riverains des parcs nationaux devraient continuer à bénéficier de financements provenant des revenus du tourisme afin de soutenir des projets répondant aux besoins des communautés locales.

Le Gouverneur de la Province du Nord, Mugabowagahunde Maurice, s’est également félicité du projet de relogement des familles concernées par l’extension du Parc national des Volcans.

Il souligne que le parc constitue à la fois un espace essentiel à la conservation de la biodiversité et un moteur du développement touristique de la région.

Il a déclaré « Le Parc national des Volcans est un élément essentiel de la protection de l’environnement. Mais le tourisme dans notre province est également un moteur du développement ».

Selon les chiffres communiqués par le gouverneur, le Parc national des Volcans a déjà contribué au financement de 738 projets, pour une valeur de 8,6 milliards de francs rwandais.

Il a appelé les futurs habitants à tirer pleinement profit des possibilités qui leur seront offertes, notamment des équipements technologiques destinés à soutenir l’agriculture et d’autres activités économiques.

Il les a également exhortés à prendre soin des logements qui leur seront attribués et à préserver la propreté de leur environnement.

Il a insisté « Les habitants doivent tirer profit de ce village, notamment des équipements technologiques qui leur seront fournis pour l’agriculture et d’autres activités, mais aussi prendre soin des maisons qui leur seront remises et veiller à l’hygiène ».

Le ministre de l’Administration locale, Habimana Dominique, a pour sa part salué la contribution des communautés riveraines à la conservation de la biodiversité et les a encouragées à poursuivre leurs efforts en faveur de la protection de l’environnement.

Il a expliqué que le projet vise à placer les citoyens au centre des politiques d’amélioration des conditions de vie et de développement des infrastructures.

Il a déclaré « Ce projet s’inscrit dans les objectifs nationaux visant à améliorer les conditions de vie des citoyens tout en protégeant l’environnement, qui constitue une partie essentielle de notre vie quotidienne. Il comprend les forêts, l’eau et tous les éléments indispensables à notre vie et à celle de notre pays ».

Le ministre considère le Parc national des Volcans comme une fierté nationale, mais rappelle que sa préservation dépend également de l’engagement des communautés qui vivent à ses abords.

Il a appelé les futurs habitants à faire du nouveau village un espace propre, uni et tourné vers le développement.

Il  a déclaré. « Que ce village soit un village de développement, caractérisé par la propreté, aussi bien des personnes que des maisons et de leur environnement

Habimana Dominique a également appelé les jeunes à éviter les drogues et les comportements susceptibles de compromettre leur avenir, les encourageant à mettre leurs talents au service d’activités productives.

Il a demandé aux bénéficiaires de préserver les infrastructures qui leur seront attribuées et aux responsables du chantier de travailler en collaboration avec les populations et de respecter les délais d’exécution.

Le village modèle de Kinigi devrait donc accueillir 547 familles déplacées dans le cadre de l’extension du Parc national des Volcans.

Pour ces ménages, le projet ne représente pas seulement un changement de lieu de résidence. Il nourrit l’espoir d’un meilleur accès aux services essentiels, d’une agriculture plus productive, de nouvelles opportunités économiques et d’un quotidien moins exposé aux conflits avec la faune sauvage.

Pour les autorités rwandaises, l’enjeu est plus large : faire de ce projet un exemple de coexistence entre protection des écosystèmes, développement local et amélioration durable des conditions de vie des communautés riveraines.