“Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi”,un espoir pour l’avenir des agriculteurs et éleveurs de Rusizi
Dans un contexte où les catastrophes naturelles causent encore d’importantes pertes aux agriculteurs et éleveurs au Rwanda, le programme “Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi” apporte un nouvel espoir à de nombreux citoyens qui, auparavant, perdaient tout en cas de sinistres ou de maladies du bétail.
Ce programme est mis en œuvre par le Gouvernement du Rwanda à travers le Ministère de l’Agriculture et des Ressources animales (MINAGRI), l’Office rwandais pour le développement de l’agriculture et de l’élevage (RAB), le projet SIDATI/SPIU, ainsi que des compagnies d’assurance comme SONARWA et d’autres partenaires.
L’objectif principal est de protéger les agriculteurs et éleveurs contre les pertes liées aux catastrophes naturelles, maladies ou accidents affectant les cultures et les animaux.
Le gouvernement subventionne 40 % du coût de l’assurance, tandis que le producteur paie les 60 % restants, une mesure qui a fortement encouragé l’adhésion au programme.
Les bénéficiaires affirment que ce système leur évite de retomber dans la pauvreté après un choc.
Les animaux couverts comprennent les vaches laitières, les bœufs, les porcs, les poulets ainsi que les poissons (tilapia élevés en cages).
Pour les volailles, sont assurés les poulets locaux, les poules pondeuses et les coqs, à condition qu’ils aient au moins 15 jours de croissance avant d’être enregistrés.
Le programme couvre plusieurs risques : accidents, maladies non guéries, épidémies, foudre, morsures de serpents, ainsi que les complications liées à la reproduction.
Un système technologique est également utilisé : les bovins sont identifiés par des boucles électroniques RFID, tandis que les porcs portent des boucles plastiques permettant leur suivi.
Munyaneza Jean Claude, éleveur dans le district de Rusizi, raconte avoir reçu une indemnisation après la perte de sa vache.
« Ma vache est morte et j’ai cru que tout était fini. Mais comme elle était assurée, j’ai reçu environ un million de francs rwandais. Cela m’a permis de redémarrer mon élevage. »
Il affirme aujourd’hui avoir compris l’importance de l’assurance et avoir assuré plusieurs autres animaux.
Habanimana, agriculteur de maïs à Bugarama, explique aussi avoir changé d’avis après avoir été indemnisé.
Il annonce : « J’avais pensé que payer l’assurance était une perte d’argent. Mais après les pluies et l’érosion qui ont détruit mon champ, j’ai reçu plus de 100 000 francs rwandais. Sans assurance, j’aurais tout perdu. »
Uwimana Béatrice, éleveuse de porcs à Rusizi, indique que la sensibilisation a changé les mentalités.
Elle dit « Nous pensions que l’assurance était réservée aux riches. Aujourd’hui, nous comprenons son importance. »
Certains agriculteurs et éleveurs dénoncent encore des retards dans le paiement des indemnisations.
Un riziculteur, Niyonsaba Emmanuel, explique : « Parfois, au lieu de 30 jours comme prévu, nous attendons plus de trois mois. Cela complique la reprise des activités. »
Un éleveur de volailles à Rusizi souligne une difficulté liée à l’âge des animaux assurés :« J’ai perdu environ 600 poussins à cause d’une maladie, mais je n’ai pas été indemnisé car ils n’avaient pas atteint 15 jours. »

Les éleveurs de volailles affirment que les poussins ne sont pas éligibles à l’assurance.
Batamuriza Robina, agente du RAB/SPIU dans le cadre du projet SIDATI, chargée du suivi du programme d’assurance des cultures en particulier, explique que les poussins de poules sont éligibles à l’assurance, mais qu’ils doivent d’abord être soumis à une évaluation préalable
Elle précise que l’assurance ne peut couvrir des animaux déjà malades au moment de la souscription.

Batamuriza Robina, agente du RAB/SPIU dans le cadre du projet SIDATI, chargée du suivi du programme d’assurance des cultures
Le Maire du district de Rusizi, Sindayiheba Fanuel, souligne que le programme a profondément changé la vie des habitants.« Avant, les agriculteurs perdaient tout après les catastrophes. Aujourd’hui, ils sont indemnisés et peuvent recommencer. »
Il ajoute que la région reste fortement exposée aux inondations et glissements de terrain, mais que l’assurance permet une reprise rapide.

Le Maire du District de Rusizi, Fanuel Sindayiheba (au centre), appelle les agriculteurs et les éleveurs à souscrire à l’assurance pour protéger leurs activités agricoles et d’élevage.
Selon le MINAGRI , plus de 200 000 agriculteurs et éleveurs bénéficient chaque année de ce programme.
Environ 9,5 milliards de francs rwandais ont déjà été versés en indemnisations.Plus de 17 milliards de francs rwandais ont transité dans l’ensemble du système d’assurance agricole.
Chaque année, environ ,50 000 vaches sont assurées,15 000 porcs,400 000 poulets,32 000 hectares de cultures.
Le programme couvre plusieurs cultures : maïs, riz, haricots, pommes de terre, manioc, soja et piment.
Il couvre également les animaux suivants : bovins, porcs, volailles et poissons.
Les risques assurés incluent : inondations, sécheresses, vents violents, maladies, épidémies, foudre, morsures de serpents et autres catastrophes naturelles.
Malgré quelques défis liés aux délais de paiement et à certaines conditions d’éligibilité, le programme “Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi” s’impose comme un outil essentiel de résilience pour les agriculteurs et éleveurs du Rwanda.
Dans le District de Rusizi notamment, de nombreux bénéficiaires affirment qu’ils auraient sombré dans la pauvreté sans cette assurance, qui devient progressivement un pilier de la sécurité alimentaire et de la stabilité économique rurale.

