Nyamasheke : Le programme « Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi » a transformé la mentalité des riziculteurs
Les cultivateurs de riz du district de Nyamasheke affirment que le programme « Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi » a profondément changé leur vie, en les protégeant contre les pertes liées aux catastrophes naturelles et en transformant leur perception de l’agriculture moderne et de l’assurance agricole.
Ce programme a été mis en place grâce au partenariat entre le Gouvernement du Rwanda, à travers le RAB, MINAGRI, le projet SIDATI/SPIU, ainsi que plusieurs compagnies d’assurance, et d’autres partenaires impliqués dans sa mise en œuvre.
L’objectif principal de cette initiative est d’éviter que les agriculteurs et éleveurs retombent dans la pauvreté après des pertes causées par les inondations, les maladies ou d’autres catastrophes touchant leurs cultures et leur bétail. Le gouvernement rwandais prend également en charge 40 % des frais d’assurance, tandis que l’agriculteur paie les 60 % restants, une mesure qui facilite considérablement l’accès au programme.
Alors qu’une vaste campagne de sensibilisation se poursuit dans la Province de l’Ouest pour encourager les agriculteurs et éleveurs à assurer leurs activités, les riziculteurs de Nyamasheke disent déjà constater les bénéfices concrets de cette assurance agricole.
Marie Yamfashije, cultivatrice de riz dans le marais de Kirimbi, dans le secteur de Kirimbi, explique qu’avant l’arrivée du programme, elle cultivait avec une peur permanente des catastrophes naturelles.
Elle raconte : « Avant, les vents violents, les inondations et l’érosion détruisaient entièrement nos champs de riz. Il m’arrivait d’attendre simplement la fin des pluies pour recommencer à cultiver la saison suivante, en espérant que le climat soit meilleur. Cultiver le riz ressemblait presque à un suicide économique ».

Marie Yamfashije, cultivatrice de riz dans le marais de Kirimbi
Elle explique qu’en 2010, des catastrophes naturelles avaient détruit les 50 ares de riz qu’elle cultivait à l’époque, alors que le programme d’assurance agricole n’était pas encore disponible dans la région.
Elle témoigne « J’étais une simple agricultrice sans moyens suffisants pour racheter rapidement des semences ou payer la main-d’œuvre afin de reprendre mes activités. Cette situation m’avait énormément appauvrie. Sans assurance, les pertes peuvent ruiner complètement un agriculteur »
Marie Yamfashije affirme qu’après avoir découvert le programme « Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi », elle a immédiatement décidé d’assurer ses cultures. Quelques années plus tard, lorsqu’une nouvelle catastrophe a détruit 78 ares de son riz, elle a reçu une indemnisation de plus de 200 000 francs rwandais.
Elle explique : « Cette compensation m’a permis de me relever rapidement et de poursuivre mon activité agricole sans subir de lourdes pertes ».
Elle ajoute qu’elle pensait auparavant que l’assurance agricole était réservée aux grands producteurs ou aux personnes riches, avant de comprendre que chaque agriculteur, quelle que soit la taille de son exploitation, pouvait bénéficier du programme.
Elle remercie le Gouvernement du Rwanda ainsi que ses partenaires, en particulier le Président de la République, Paul Kagame, pour les initiatives mises en place afin de protéger les citoyens contre la pauvreté et de favoriser leur développement économique.
Christine Uwizeyimana, Présidente de la coopérative Duhuze Imbaraga, qui regroupe 1 530 membres cultivant du riz sur 125 hectares dans le marais de Kirimbi, affirme que les agriculteurs vivaient auparavant dans une grande incertitude à cause des inondations provoquées par les eaux descendant des collines environnantes vers la rivière Kirimbi.
Elle explique : « Nous cultivions sans aucune garantie de récolte. Les fortes pluies détruisaient régulièrement les cultures et certains agriculteurs abandonnaient même la riziculture à cause des pertes répétitives ».

Christine Uwizeyimana, Présidente de la coopérative Duhuze Imbaraga
Elle indique que la coopérative a adhéré au programme d’assurance rizicole en 2019 et qu’une année plus tard, de fortes catastrophes naturelles ont détruit l’ensemble des plantations.
Elle précise. « Nous avions payé environ 3.000. 000 francs rwandais pour l’assurance, mais après les dégâts causés par les catastrophes, nous avons reçu plus de 35 millions de francs rwandais d’indemnisation. Cela nous a redonné confiance et nous a permis de poursuivre nos activités agricoles ».
Selon Christine Uwizeyimana, les membres de la coopérative ont aujourd’hui changé de mentalité et considèrent désormais l’assurance agricole comme un pilier essentiel du développement.
Elle souligne : « Un agriculteur qui refuse d’assurer ses cultures continuera à rencontrer des problèmes de développement, car les catastrophes naturelles le feront toujours reculer ».
Mbarushimana Jean, un autre riziculteur travaillant près de la coopérative Duhuze Imbaraga sans en être membre, affirme avoir décidé d’assurer ses 380 ares de riz après avoir vu d’autres agriculteurs recevoir des compensations financières.
Il explique « Si je n’avais pas vu mes collègues recevoir des indemnisations, je n’aurais jamais accepté de payer une assurance. Mais lorsque j’ai compris que l’agriculteur ne paie que 60 % tandis que l’État prend en charge 40 %, j’ai immédiatement compris l’importance de ce programme ».
Il affirme qu’aujourd’hui il cultive avec sérénité, sachant que même en cas de maladies des cultures ou de mauvaises conditions climatiques, il ne perdra pas tout son investissement.
Il ajoute : « Grâce à cette assurance, il est également plus facile pour un agriculteur d’obtenir un crédit bancaire. Il suffit de présenter le contrat signé avec la compagnie d’assurance pour accéder rapidement à un prêt ».
Les autorités du district de Nyamasheke soulignent également l’impact positif du programme sur le développement de la riziculture et le changement de mentalité des agriculteurs.
Le Vice-maire chargé du développement économique, Muhayeyezu Joseph Désiré, explique qu’autrefois les agriculteurs cultivaient avec la peur constante des catastrophes naturelles et des maladies affectant le riz.
Il indique « Aujourd’hui, les agriculteurs travaillent avec confiance. Ils savent que même en cas de catastrophes ou de maladies agricoles, ils ne retomberont pas dans la pauvreté comme auparavant. Cela a encouragé de nombreux producteurs à pratiquer une agriculture professionnelle tournée vers le développement ».
Il ajoute que l’assurance agricole aide les agriculteurs à obtenir des ressources financières leur permettant d’agrandir leurs activités et de contribuer à la croissance économique du pays.

Le Vice-Maire chargé du développement économique, Muhayeyezu Joseph Désiré
Batamuriza Robina, chargée du suivi du programme d’assurance des cultures au sein du projet SIDATI/SPIU de RA B, affirme que la campagne de sensibilisation menée dans la Province de l’Ouest vise à aider les agriculteurs et éleveurs à mieux comprendre l’importance de l’assurance agricole.
E lle explique : « Nous voulons que chaque agriculteur comprenne que l’assurance n’est pas une charge supplémentaire, mais une solution pour éviter de retomber dans la pauvreté. Lorsqu’un agriculteur est assuré, il travaille avec confiance et continue d’investir dans son exploitation ».
Elle rappelle que la Province de l’Ouest est régulièrement touchée par des catastrophes naturelles telles que les inondations, l’érosion et les fortes pluies, raison pour laquelle les autorités intensifient les campagnes de sensibilisation.
Aujourd’hui, dans le district de Nyamasheke, 100 % des cultures de riz sont assurées, preuve que les agriculteurs ont pleinement compris l’importance de protéger leurs investissements agricoles.
Les bénéficiaires du programme affirment que « Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi » ne leur apporte pas seulement des indemnisations en cas de sinistre, mais qu’il a également changé leur manière de voir l’agriculture, en leur donnant confiance pour investir davantage et améliorer durablement leurs conditions de vie.

Les agriculteurs et éleveurs saluent le programme « Tekana Urishingiwe Muhinzi-Mworozi ».

