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Nord : le RIB poursuit sa campagne de sensibilisation contre la traite des êtres humains

Le Rwanda Investigation Bureau (RIB) poursuit sa campagne de sensibilisation visant à prévenir et à lutter contre la traite des êtres humains, en particulier dans les districts frontaliers de la Province du Nord. Cette initiative met l’accent sur la sensibilisation des citoyens, surtout des jeunes, afin qu’ils se méfient des trafiquants qui leur promettent des emplois attractifs à l’étranger alors qu’ils cherchent en réalité à les exploiter par le travail forcé.

Lors des séances d’échange organisées par le RIB, l’accent est mis sur l’importance pour les jeunes de vérifier attentivement les contrats de travail et les offres d’emploi à l’étranger, car le manque de vigilance peut les exposer à de graves dangers. Le RIB encourage la jeunesse à ne pas se précipiter vers l’étranger dans l’espoir d’y trouver un emploi, mais plutôt à travailler au Rwanda et à créer leurs propres opportunités.

Un agent du RIB, Ntirenganya Jean Claude, explique que les statistiques montrent que de nombreux jeunes victimes de traite transitent par les postes frontaliers après avoir été séduits par des promesses de salaires élevés à l’étranger. C’est pour cette raison que le RIB a décidé d’intensifier la sensibilisation dans ces zones.

Il déclare : « Nous avons choisi de nous concentrer sur les frontières parce que c’est là que passent de nombreux jeunes à la recherche d’emploi à l’étranger. Certains sont attirés par des promesses de salaires élevés, mais une fois sur place, ils se retrouvent exploités dans des travaux forcés. D’autres perdent même la vie après avoir été victimes de prélèvements d’organes. »

Il ajoute que le RIB continuera de collaborer étroitement avec les transporteurs internationaux ainsi qu’avec les services d’immigration afin de prévenir la traite des personnes et de surveiller les recruteurs suspects, pour s’assurer de la véritable destination et des conditions promises aux jeunes.

Ce programme est également mené dans les établissements d’enseignement supérieur et les universités, où les étudiants sont sensibilisés à l’importance de travailler au Rwanda après leurs études et de privilégier l’auto-emploi plutôt que de risquer de tomber dans les pièges de fausses offres à l’étranger.

Kubwimana Aimable (nom d’emprunt utilisé pour des raisons de sécurité)fait partie des jeunes ayant subi les conséquences de la traite des êtres humains. Il explique qu’il avait été recruté pour aller travailler en Thaïlande, avec la promesse d’un salaire mensuel de 700 dollars. Toutefois, au lieu d’être envoyé en Thaïlande, il s’est retrouvé au Myanmar, où il a été soumis au travail forcé.

Il témoigne : « On m’avait promis un bon emploi avec un salaire de 700 dollars par mois. Je pensais que j’allais devenir riche. Mais une fois arrivé, la réalité était tout autre. Nous travaillions de longues heures, sans droits, sans possibilité de communiquer avec nos familles. C’était une vie très difficile. Je remercie toutefois notre gouvernement qui m’a aidé à rentrer au Rwanda par l’intermédiaire de l’ambassade. »

Il ajoute que s’il avait disposé d’informations suffisantes à l’avance, il n’aurait jamais accepté de partir sans vérifier les promesses faites. Il appelle les jeunes à la prudence avant de prendre la décision de chercher du travail à l’étranger.

Une autre jeune participante à la campagne, Iradukunda Judith, affirme que le témoignage de Kubwimana lui a beaucoup appris.

Elle déclare : « Nous pensions que partir à l’étranger était une opportunité exceptionnelle. Aujourd’hui, nous comprenons qu’il existe des personnes qui trompent les jeunes pour les exploiter. Désormais, nous prendrons le temps de réfléchir et de consulter les autorités compétentes avant de décider de partir. »

Muhawenimana Jacqueline, une mère de famille du secteur de Bungwe ayant participé aux échanges, souligne que les parents ont un rôle essentiel dans la prévention de la traite.

Elle affirme : « En tant que parents, nous devons parler à nos enfants et leur expliquer que la réussite se construit progressivement. Les laisser partir sans vérification, c’est les exposer au danger. Nous devons leur dire la vérité sur les risques liés aux fausses offres d’emploi, notamment en Asie et ailleurs. »

La Maire du District de Burera, Mukamana Solina, a indiqué que les autorités locales continueront de collaborer avec le RIB pour prévenir la traite des êtres humains.

Elle a déclaré : « Nous continuerons à sensibiliser la population à rester vigilante et à transmettre les informations à temps. Nous demandons aux parents et aux jeunes de ne pas se laisser tromper par des offres d’emploi sans fondement, et nous remercions le RIB pour son appui constant dans l’éducation de nos citoyens. »

Elle a également précisé que les autorités locales renforceront le suivi des personnes soupçonnées de recruter les jeunes à des fins de traite et poursuivront la collaboration avec les services de sécurité.

La campagne actuellement menée par le RIB se déroule dans les districts de Gicumbi, Burera, Nyagatare, Kirehe, Rusizi, Rubavu et Bugesera. Ces actions s’inscrivent dans les missions permanentes du RIB de prévention et de lutte contre la criminalité.

Le RIB rappelle enfin aux citoyens qu’ils doivent connaître les méthodes utilisées par les trafiquants et signaler toute information suspecte à temps afin de prévenir les crimes. La sécurité et la protection des droits de chacun nécessitent l’engagement de tous.