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Les femmes non-voyantes ont fait des progrès, mais des obstacles persistent

Des femmes non-voyantes issues de 64 associations à travers le pays ont souligné que, malgré les progrès réalisés au cours des 30 dernières années, des défis importants subsistent, notamment la violence basée sur le genre et l’accès limité à certains droits.

Elles ont partagé leurs expériences dimanche 21 décembre 2025, lors d’un rassemblement national des femmes et jeunes non-voyants au Centre de formation des personnes non-voyantes situé à Masaka, dans le district de Kicukiro.

Lors de l’ouverture officielle, Dr Betty Mukarwego, Présidente de la Rwanda Union of the Blind (RUB), a indiqué que ce forum national est une première, offrant un moment de réflexion sur les progrès accomplis et la définition de nouvelles stratégies pour un développement durable des femmes non-voyantes.

Elle a rappelé que depuis la création de la RUB, les femmes et autres personnes non-voyantes ont significativement renforcé leurs capacités, leur donnant plus de voix et d’influence dans la société. Elle a remercié l’État rwandais et le Président Paul Kagame pour leur reconnaissance du rôle des femmes, y compris celles vivant avec un handicap visuel.

Dr. Mukarwego a déclaré, précisant qu’elle-même détient un Doctorat et est Enseignante à l’Université du Rwanda, malgré son handicap visuel :Autrefois, les femmes étaient marginalisées, et les personnes non-voyantes subissaient encore plus d’exclusion. Aujourd’hui, nous avons la parole et nous sommes capables.”

Lors de la rencontre,  Donatha Uwitonze du Conseil National des Femmes a expliqué le rôle de cette institution et l’importance de la collaboration avec d’autres structures pour promouvoir le développement des femmes non-voyantes. Elle a encouragé les participantes à prendre la parole et à faire du plaidoyer sans attendre que d’autres agissent à leur place.

Elle a expliqué :“Se développer individuellement, c’est contribuer au développement du pays. Le temps où les non-voyants devaient mendier est révolu.”

Elle a insisté, rappelant que de nombreuses femmes non-voyantes possèdent des diplômes élevés et occupent des postes de responsabilité.

Les non-voyants aussi contribuent activement au développement du pays

Les participantes ont partagé leurs expériences et propositions. Olive Nagasanzwe, du district de Rutsiro, a souligné qu’il reste encore des obstacles lors des élections féminines, où les femmes non-voyantes sont souvent assignées à des catégories spécifiques, limitant leur pleine participation.

Elle a témoigné “Quand je me suis portée candidate, on m’a dit que les femmes non-voyantes doivent voter uniquement dans la catégorie des personnes handicapées. Cela m’a fait honte. Nous avons besoin de plaidoyer pour changer cette pratique.”

Concernant la violence basée sur le genre, Mme Shafiga Murebwayire, représentante du Rwanda Investigation Bureau (RIB) et coordinatrice nationale de l’Isange One Stop Centre, a rappelé que le handicap visuel ne doit pas empêcher de dénoncer les violences. Elle a encouragé la RUB à mettre en place des mécanismes rapides et accessibles pour signaler les cas et assurer un suivi efficace.

Plusieurs femmes ont témoigné que les violences qu’elles subissent sont facilitées par leur handicap, les empêchant de reconnaître ou d’identifier leurs agresseurs.