Le Rwanda dénonce l’inaction de la communauté internationale face au retour de l’idéologie génocidaire du FDLR en RDC
Trente-deux ans après l’arrêt du Génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda, qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes en seulement cent jours, des signes rappelant sa préparation et son exécution continuent d’apparaître dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Le gouvernement Rwandais a une nouvelle fois dénoncé l’indifférence de la communauté internationale face à ces indicateurs persistants dans un pays qui abrite des responsables du génocide de 1994, aujourd’hui regroupés au sein de mouvements armés, dont le groupe terroriste FDLR, à l’origine du déplacement de populations congolaises depuis près de trente ans.
Le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Dr. Jean Damascène Bizimana, a déclaré que le FDLR continue de bénéficier d’un sanctuaire en RDC, alors que les Nations Unies ont adopté, depuis près de vingt ans, des mesures visant à son démantèlement. Il a également souligné que la communauté internationale ignore toujours la situation des réfugiés congolais, déplacés depuis plus de trois décennies par les combattants du FDLR, composés en partie d’auteurs du génocide contre les Tutsi.
Il a rappelé, citant notamment la résolution 1804 adoptée en 2008 : « Pourtant, les Nations Unies ont adopté plusieurs résolutions qualifiant le FDLR de groupe terroriste devant être dissous ».
Celle-ci exprimait de vives préoccupations face aux violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commises par le FDLR, les ex-FAR, les Interahamwe et d’autres groupes armés d’origine rwandaise opérant dans l’Est de la RDC.
Cette résolution exigeait leur désarmement immédiat et leur rapatriement sans condition, tout en appelant les États membres à cesser tout soutien financier, matériel ou logistique à ces groupes.
La résolution 1804 du Conseil de sécurité de l’ONU s’inscrivait dans la continuité de la Déclaration conjointe de Nairobi de novembre 2007 entre le Rwanda et la RDC, par laquelle les deux pays s’engageaient à coopérer pour éradiquer le FDLR et les autres groupes armés rwandais. Elle était également complétée par la résolution 1856, relative notamment au désarmement et à la réintégration des groupes armés en RDC.
Dr. Bizimana a regretté que ces engagements soient ignorés, accusant la RDC d’intégrer le FDLR dans ses forces armées, tandis que la mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) resterait passive, à l’image de la MINUAR lors de la préparation du génocide au Rwanda. Il a également dénoncé des discours de haine tenus par certains responsables congolais, comparables à ceux diffusés au Rwanda entre 1990 et 1994.
Il a illustré ses propos par plusieurs exemples de déclarations incitant à la haine contre les Tutsi en RDC, notamment des appels explicites à la violence, des propos déshumanisants et des incitations à l’exclusion, émis par des responsables politiques, militaires ou membres de groupes armés entre 1998 et 2025.
Le Ministre a également dénoncé le manque d’impartialité de certains experts des Nations Unies déployés en RDC, évoquant notamment une déclaration de 1999 de Roberto Garreton, alors rapporteur spécial, qu’il accuse d’avoir tenu des propos hostiles aux Tutsi.
Par ailleurs, Dr. Bizimana a transmis au Président de la République, Paul Kagame, un message de reconnaissance des Rwandais pour les efforts consentis en matière de sécurité et de protection du pays face aux menaces liées au FDLR.
« Les Rwandais vous remercient pour la sécurité que vous leur avez assurée et pour les mesures que vous continuez de prendre pour les protéger », a-t-il déclaré, soulignant que les survivants du génocide ont retrouvé espoir et dignité, et que la jeunesse bénéficie aujourd’hui d’opportunités dans un pays uni et sans discrimination.
Il a également mentionné les progrès réalisés dans la réintégration des anciens détenus condamnés pour génocide, ainsi que le retour volontaire de certains membres de groupes armés, accueillis et réinsérés dans la société Rwandaise.
Enfin, il a assuré que rien ne viendra compromettre la stabilité du Rwanda, concluant par un message d’espoir et de résilience : « Plus jamais ça. Après les temps de violence, c’est désormais la paix et l’identité rwandaise qui prévalent, et qui dureront. »

