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Kayonza : Le projet KIIWP2 révolutionne la vie des agriculteurs

Dans le District de Kayonza, le projet KIIWP2 s’impose comme un véritable moteur de transformation du monde rural. Grâce aux formations, à l’appui technique et au soutien financier accordés aux coopératives et aux agriculteurs, la production augmente, les revenus s’améliorent et l’agriculture devient progressivement un secteur structuré et rentable.

Mis en œuvre par le Gouvernement du Rwanda en partenariat avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), à travers le Ministère de l’Agriculture et des Ressources Animales (MINAGRI) et exécuté par le Rwanda Agriculture and Animal Resources Development Board (RAB), le projet KIIWP2 vise à moderniser l’agriculture par l’irrigation, le renforcement des capacités et l’amélioration de l’accès aux marchés.

Les membres du coopérative KOPUAIM

La coopérative KOPUAIM, située dans le Secteur Mwiri, cellule Nyamugari, figure parmi les exemples les plus parlants de cette transformation. Avant l’appui du projet, les membres récoltaient environ 1 800 kilogrammes de maïs par hectare.

Sylivestre Ntagasanzwe, membre de la coopérative explique. « Nous cultivions de manière traditionnelle, sans bien maîtriser l’utilisation des semences améliorées ni des engrais .Après avoir bénéficié de formations sur les techniques agricoles modernes, l’utilisation des semences sélectionnées et la gestion efficace des intrants, la production est passée à 4,5 tonnes par hectare. Parallèlement, la superficie exploitée est passée d’un hectare à douze hectares consacrés à la culture du maïs.

Au-delà de l’augmentation des rendements, les membres ont été formés à l’épargne et à la gestion financière à travers des groupes solidaires.

Grâce aux revenus générés par la culture du maïs, Ntagasanzwe a pu acheter du petit bétail, financer la scolarité de ses enfants et rénover son habitation. Pour lui, l’agriculture est désormais un véritable métier, capable d’assurer une stabilité économique durable.

Les membrese du KOPUAIM cultivent les pommes  patate douces

Le changement est également visible dans la culture de la patate douce,commeThérésie Kabanyana, membre de la coopérative l’indique, explique qu’autrefois, les méthodes traditionnelles consistaient à planter les boutures de manière inadaptée, produisant beaucoup de tubercules, mais de petite taille et à faible valeur marchande.

Elle souligne  « Aujourd’hui, grâce aux formations reçues, nous plantons correctement une seule bouture. Nous récoltons moins en quantité, mais les patates sont plus grosses, de meilleure qualité et plus rentables »

Elle précise qu’une seule bouture peut désormais produire jusqu’à cinq kilogrammes de patates douces commercialisables, ce qui augmente sensiblement ses revenus et contribue à améliorer l’alimentation de sa famille.

Actuellement, la coopérative KOPUAIM développe également la culture du soja sur une superficie de quatre hectares, avec l’accompagnement du projet. L’appui à la recherche de marchés renforce la confiance des agriculteurs, qui se sentent mieux préparés à intégrer des circuits commerciaux structurés.

Selon Jean de Dieu Rudacogora, spécialiste en accès au financement au sein du projet KIIWP, l’objectif principal est de permettre aux agriculteurs de devenir autonomes et résilients face aux changements climatiques, notamment grâce à l’irrigation, à la construction de terrasses, à l’accès à l’eau et à l’éducation financière.

Jean de Dieu Rudacogora, spécialiste en accès au financement au sein du projet KIIWP

Les subventions de contrepartie accordées aux coopératives et aux agriculteurs facilitent l’acquisition d’équipements modernes d’irrigation, de stockage et de transformation, leur permettant d’accéder aux marchés avec des produits compétitifs.

À Kayonza, les agriculteurs en sont convaincus : avec le KIIWP2, l’agriculture n’est plus une simple activité de subsistance, mais un véritable levier de développement économique et social pour leurs familles et leur communauté.