Grâce à PRISM, les éleveurs produisent des aliments pour animaux en cultivant l’Azolla
Face à la hausse du prix des aliments pour animaux, des éleveurs de la Province du Sud du Rwanda ont trouvé une solution innovante pour continuer à développer leurs activités. Grâce aux connaissances acquises avec l’appui du projet PRISM, ils ont appris à produire eux-mêmes une partie des aliments destinés à leurs animaux, notamment en cultivant l’Azolla, une plante aquatique riche en nutriments.
Dans les districts de Ruhango, Gisagara et Nyaruguru, de nombreux éleveurs reconnaissent que le coût de l’alimentation animale représente aujourd’hui l’un des plus grands défis pour leur activité. Malgré cette situation, ils n’ont pas abandonné l’élevage, surtout celui des animaux à cycle court comme les porcs, qui se reproduisent rapidement et constituent une source importante de revenus pour les ménages ruraux.
Afin de réduire leurs dépenses, ces éleveurs se sont tournés vers des solutions locales et durables. Grâce aux formations dispensées par le projet PRISM, ils ont appris à cultiver l’Azolla, une plante qui pousse dans l’eau et qui peut être utilisée pour compléter l’alimentation des animaux grâce à sa richesse en protéines et autres nutriments essentiels.

On a commencé à élever des mouches soldats noire
Dans la cellule de Rwoga, secteur de Kabagali, dans le district de Ruhango, certains éleveurs ont également commencé à élever des mouches soldats noires, dont les larves sont très nutritives et peuvent remplacer certains ingrédients coûteux comme le soja ou les petits poissons utilisés dans l’alimentation animale.
Mukamuligo Esther, éleveuse dans cette localité, explique que cette innovation a considérablement amélioré la qualité de leur élevage.
Elle explique : « Avant, nous élevions déjà des porcs, mais leur croissance n’était pas satisfaisante, car nous leur donnions des aliments qui ne répondaient pas à leurs besoins nutritionnels. Après les formations du projet PRISM, nous avons appris à élever les mouches soldats noires. Aujourd’hui, nos porcs reçoivent une alimentation plus équilibrée, ce qui améliore leur croissance et leur santé »

Grâce aux formations dispensées par le projet PRISM, ils ont appris à cultiver l’Azolla
Elle ajoute que l’utilisation des larves dans l’alimentation des porcs a un impact visible sur leur croissance.
Elle précise « Un porc nourri avec une alimentation ordinaire peut atteindre difficilement 50 kilos en six mois. Mais lorsqu’il reçoit une alimentation enrichie avec les larves de mouches soldats noires, il peut atteindre jusqu’à 150 kilos dans la même période ».
Dans le district de Nyaruguru, Bazigira Jean Pierre, membre du groupe d’éleveurs “Jya mbere Mworozi Rusenge”, indique que la culture de l’Azolla est devenue une alternative importante pour compléter l’alimentation des animaux.
Il explique « Les aliments pour animaux sont devenus très chers. Grâce aux formations du projet PRISM, nous avons appris à cultiver l’Azolla, qui pousse dans l’eau et qui complète les aliments traditionnels. Certains d’entre nous utilisent aussi la technique du fourrage hydroponique, qui consiste à faire germer des céréales pour nourrir les animaux ».
Selon lui, ces nouvelles pratiques permettent d’améliorer la santé et la productivité des animaux, tout en réduisant les coûts de production.
Dans le District de Gisagara, secteur de Nyanza, cellule de Nyaruteja, Nyirahabimana Jeanine souligne que l’augmentation du prix des aliments pour animaux reste un défi, notamment parce qu’ils proviennent souvent de loin.
Elle explique. « Le prix des aliments est passé d’environ 750 francs rwandais à plus de 800 francs par kilo. De plus, ils viennent de Huye, ce qui oblige les éleveurs à attendre leur arrivée ou à parcourir une longue distance pour les acheter »
Pour faire face à cette situation, les éleveurs se sont organisés en groupe afin d’acheter les aliments en grande quantité et de les revendre localement à d’autres éleveurs.
Elle ajoute « Nous avons créé un groupe pour acheter les aliments en gros et les vendre à proximité. Cela permet aux autres éleveurs de s’en procurer facilement sans parcourir de longues distances ».
Le Vice-Maire du District de Gisagara chargé du développement économique, Jean-Paul Habineza, a salué le projet pour son rôle essentiel dans l’amélioration des moyens de subsistance, de la nutrition et de la résilience économique des ménages ruraux.
Il a déclaré « Gisagara dépend fortement de l’agriculture et de l’élevage. Le projet PRISM, en particulier pour les petits éleveurs de bétail, a été d’une grande importance. »
Il continue« Au-delà des revenus financiers, le fumier provenant des poulets et des chèvres soutient la production agricole, garantissant la sécurité alimentaire et des produits destinés au marché. La nutrition est au cœur de notre stratégie de sortie de la pauvreté, et PRISM a contribué de manière significative à cet objectif. »

Le Vice-Maire du District de Gisagara chargé du développement économique, Jean-Paul Habineza
Financé par l’IFAD et HPI avec un investissement total de 10,4 millions de dollars, PRISM est mis en œuvre en collaboration avec RAB/SPIU, HIR et Cordaid.
Le projet, qui s’étend de 2022 à 2026, cible 26 355 ménages dans cinq secteurs Muganza, Nyanza, Kigembe, Gishubi et Gikonko en se concentrant sur les chaînes de valeur du porc, de la volaille, des moutons et des chèvres.
Les interventions stratégiques du projet comprennent l’intensification climato-intelligente des petits systèmes de production, le développement des chaînes de valeur du petit bétail, l’appui aux politiques et aux cadres réglementaires, ainsi que l’autonomisation des femmes et des jeunes.
Sur le terrain, PRISM a permis aux communautés de construire des infrastructures essentielles, notamment des sites d’élevage de poussins, des porcheries communautaires, des boutiques d’aliments pour animaux et des points de collecte et de vente d’œufs.
Le projet a également introduit des solutions climato-intelligentes telles que la culture d’Azolla, le fourrage vert hydroponique et les vignes d’ensilage de patate douce, améliorant ainsi la nutrition du bétail et la résilience face à la variabilité climatique.
Grâce à l’appui du projet PRISM et à l’adoption de solutions innovantes comme la culture de l’Azolla et l’élevage des mouches soldats noires, les éleveurs de la Province du Sud parviennent progressivement à réduire le coût de l’alimentation animale. Ces initiatives contribuent non seulement à améliorer la productivité de l’élevage, mais aussi à renforcer les moyens de subsistance des familles rurales.

