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Kagame : Tshisekedi a initié les rencontres à Doha et à Washington

Le Président de la République du Rwanda, Paul Kagame, a révélé que le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, est celui qui a sollicité leurs rencontres à Doha au Qatar ainsi qu’à Washington aux États-Unis d’Amérique à différentes périodes.

Le Président Kagame a indiqué que, même si ces rencontres ont servi de tremplin à la signature de divers accords visant à résoudre définitivement les problèmes d’insécurité dans la région des Grands Lacs, Tshisekedi avait pour sa part l’intention de tromper la communauté internationale afin qu’elle se range de son côté en lui promettant des choses extraordinaires.

Il a exprimé ses inquiétudes quant au fait que le Gouvernement de la RDC pourrait encore une fois se dédire de ce qu’il avait accepté, comme cela s’est produit par le passé, malgré la signature des accords de paix et de coopération économique du 4 décembre 2025, sous la médiation du Président américain Donald J. Trump.

Il a rappelé que, à plusieurs reprises, le Président Tshisekedi s’était engagé à s’attaquer aux causes profondes des conflits, mais qu’il s’était toujours ensuite comporté en contradiction avec ses propres engagements.

Le 18 mars 2025, Kagame et Tshisekedi avaient été réunis à Doha par l’Émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, une rencontre qui a ouvert la voie aux discussions ayant abouti à l’accord de Washington en décembre et à celui de Doha en novembre.

Dans une interview accordée à Al Jazeera, le Président Kagame a expliqué qu’il avait rencontré Tshisekedi sur invitation, le Rwanda étant un pays directement affecté par l’insécurité persistante dans l’est du Congo et invité à prendre part au processus.

Il a déclaré : « La rencontre de Doha a été demandée par Tshisekedi, tout comme celle de Washington… C’est lui qui en a pris l’initiative, mais son intention était de manipuler ces discussions à son avantage, pensant que la RDC est très puissante, très grande, que le monde entier tient à bénéficier de ses ressources, et qu’il pourrait ainsi influencer les perceptions en trompant les gens pour obtenir ce qu’il voulait. »

Le Président Kagame a poursuivi en affirmant que les rencontres de Doha ont permis de séparer clairement les discussions portant sur l’insécurité dans l’Est de la RDC — entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23 — des discussions visant à rétablir les relations bilatérales entre le Rwanda et la RDC, menées à Washington.

Il a ajouté : « C’est ainsi que les choses se sont déroulées : l’AFC/M23 s’est retrouvée à Doha pour négocier avec le gouvernement, tandis qu’à Washington la RDC discutait avec le Rwanda, dans un cadre de coopération régionale. Finalement, ce que la RDC pensait pouvoir mélanger a été démêlé de manière à ce que rien d’essentiel ne soit perdu. »

Il a salué le rôle continu du Qatar comme médiateur de premier plan, non seulement dans la région des Grands Lacs mais aussi ailleurs dans le monde, soulignant que ce pays continue de soutenir la RDC dans ce processus.

Il a reconnu que les discussions avaient abouti à la signature d’accords de paix, même si leur mise en œuvre reste difficile en raison des combats qui continuent sur le terrain.

Le Président Kagame a souhaité que les États-Unis et le Qatar poursuivent leur supervision des progrès réalisés dans l’application des engagements pris et qu’ils tiennent toutes les parties responsables en cas de manquement.

Il a déclaré : « Je suis certain que si les États-Unis ou le Qatar constatent que le Rwanda est en tort d’une manière ou d’une autre, ils nous le diront et demanderont des explications. J’espère que ce sera également le cas pour la RDC, car nous avons de nombreux exemples où la RDC a signé des accords avec différentes parties, y compris nous, pour ensuite dire le contraire dès le lendemain. Et cela ne s’est pas produit une ou deux fois, mais bien plus. »

Le Président Kagame a aussi réfuté les accusations selon lesquelles le Rwanda pillerait les ressources minières de la RDC, affirmant que le Rwanda possède déjà d’importantes quantités de minéraux de grande qualité, difficiles à trouver ailleurs dans le monde.

Enfin, il a dénoncé ceux qui propagent des mensonges contre le Rwanda tout en passant sous silence les atrocités commises dans l’Est de la RDC, y compris la collaboration entre le gouvernement congolais et le groupe terroriste FDLR, fondé par les auteurs du génocide contre les Tutsi en 1994 et qui continue de menacer la sécurité du Rwanda.

Source: Imvaho Nshya .